C’est avec enthousiasme que j’ai lu il y a quelques jours que l’Espagne légalise finalement l’euthanasie, devenant ainsi le quatrième pays européen à le faire. Ça m’a fait du bien de lire qu’on parle de la mort, qu’on s’y attarde, qu’on en débat, qu’on y réfléchit.

Et après, c’est avec amertume que j’ai lu comment l’Église s’en est mêlée, pour comparer le tout à un homicide. C’est pas mêlant, ça m’a fait sacrer malgré moi. Je n’ai rien contre les croyances religieuses, ne vous méprenez pas, mais oui, je ne peux m’empêcher d’en vouloir à la religion quand elle se permet de dicter et de juger, de culpabiliser et de véhiculer allègrement comment on peut avoir le droit de vivre, de souffrir, de mourir.

Mais bon. C’est comme ça et ça rappelle douloureusement à quel point on a encore du chemin à faire, pour se respecter les uns les autres… et s’aimer assez pour se laisser partir, comme du monde. Après tout, c’est pas mal une des grandes réflexions, une des grandes peurs de l’humain depuis toujours, la mort. C’est pas rien. Ça fait que… parlons-en.

La semaine dernière, des collègues ont pointé, avec des opinions très partagées, l’apparition d’un nouveau concept au Québec : un endroit avec services multiples qu’on peut louer, selon des forfaits, pour aller y mourir. On peut ainsi planifier son moment, y ajouter des soins, de l’accompagnement, de la détente, des massages, repas cinq services, coiffure, maquillage… jusqu’au moment de son aide médicale à mourir (AMM).

Vite de même, je peux comprendre le malaise de certains avec la commercialisation de la mort. Et j’ai lu toutes sortes de réactions. Mais « bonyenne, ils s’en vont toujours ben pas dans un party », en le lisant, m’a vraiment rentré dedans, tellement c’était cru. Comme un réflexe parti tout seul, j’imagine.

Mais pour moi, c’était plus comme une claque dans la face, qui m’a juste vraiment confirmé à quel point on a besoin de se parler pour de vrai, entre humains, de comment on veut mourir.

La vérité, c’est que le patient qui demande l’aide médicale à mourir a le droit d’obtenir son soin (parce que oui, c’est un soin, et probablement le soin le plus humain et intime qui soit, en passant) là où il veut. Le problème, c’est que les options font dur.

La maison, l’hôpital et…

Il y a la maison (qui peut être chaleureuse et rassurante, mais pas toujours)… et l’hôpital. Et je n’ai pas besoin de vous faire un dessin pour vous convaincre que l’hôpital, surtout en ce moment, c’est peut-être pas la façon la plus zen de mourir. C’est pas non plus le meilleur moyen d’avoir un accompagnement, disons… varié et nombreux.

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